A la découverte du marché des femmes divorcées de Maroua

Les vendeuses de cet espace commercial viennent, chaque dimanche uniquement, écouler les ustensiles utilisés dans le ménage durant leur mariage. Découverte !

Ce n’est pas une plaisanterie. Si c’est la première fois que vous entendez. Il existe bel et bien. Le marché des femmes divorcées ou Luma Baba. Situé sur une ruelle au quartier Domayo à Maroua, la capitale régionale de l’Extrême-nord, il est ouvert uniquement le dimanche. « Ça n’a pas de particularité cette journée. Les premières commerçantes ici ont constaté qu’elles avaient plus de clients le dimanche. Unanimement, elles ont adopté cette journée et rarement le lundi. Tout le monde est libre le dimanche et c’est une aubaine pour nous pour écouler nos marchandises », explique Aminatou, une des vendeuses.

Aucune plaque n’indique le nom de ce marché comme partout ailleurs. Pourtant très connu des habitants et surtout des moto-taximen. Selon notre guide, le nom de baptême « Luma Baba ou le marché des femmes divorcées » vient du fait que ces femmes sont coutumièrement ou civilement séparées de leur mari. Ce fait arrive quand, estime Abdoulaziz, « ces femmes ont étés trompés par leur époux. Ça c’est le premier cas. Dans le second cas, c’est quand le mai n’a pas pu, malgré le revenu de la dame, acheter le pagne (qui coûte 50.000 Fcfa) pour la fête du Ramadan ». Incroyable pourtant vrai.

 

Dans ce marché, 95% de vendeurs sont des femmes. Sereines, elles sont assises derrière leur comptoir de fortune. Leurs marchandises sont constituées des ustensiles de cuisine utilisés pendant le mariage, des cadeaux de la dot comme des pagnes, foulards, des draps, des assiettes, des tapis, des chaises… D’après les clients réguliers au marché « Luma Baba ou des femmes divorcées », les prix de marchandises sont « très abordables que dans les marchés principaux de la ville. Ma table d’étude, je l’ai acheté à 2.000 Fcfa au lieu de 5.000 Fcfa au marché et mon tapis à 1.500 Fcfa. C’est vrai que c’est de la seconde main mais, je préfère », souligne Sharon, étudiante à l’Université de Maroua. Seulement, ajoute-t-elle, « il n’est pas toujours évident de faire le commerce ici pour les non-natifs parce que plus de 80 % de commerçantes s’expriment en Foufouldé ». Pour les nouveaux dans la zone, il faut savoir, après demande, que 5 Fcfa est appelé « Dalla », 25 Fcfa c’est « Dalla Djoï » et 50 Fcfa est « Dalla Sappo ». Important pour faire le commerce en attendant, si possible aussi, le marché des hommes libres ou hommes divorcés.

Frank William BATCHOU

 

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frankwilliam

Frank William Batchou est un journaliste de formation. Après avoir exercé dans plusieurs médias camerounais (Le Messager, Emergence, Show Mag, Crtv Littoral, Site-Dar Fm…), il s’est très vite reconverti, au vu de l’évolution, dans le blogging et du digital depuis 2008. Il a géré la communication du projet #Wikivillages de Wikipédia, la communication digitale du programme TV « Yellow Times » de MTN Cameroon, le label de production et management LMC Prod, le social media du magazine culturel Show Mag. En 2016, il rejoint en qualité de Social Media Manager, HAVAS AFRICA CAMEROUN, la filiale du groupe HAVAS Media, l’une des quatre plus grandes agences de communication dans le monde. Et depuis 2019, il gère le département digital de l’agence en qualité de Digital Manager. Frank William est également auteur du recueil de nouvelles « MAPANES : L’âme d’un aventurier » (commandez la version numérique ou physique à 2500 FCFA) et co-founder de F Square Corporation, une structure exerce dans le secteur du management, édition et production artistique, promotion sportive…

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