Cruel destin…Barbara !

Un rêve brisé. L’espoir d’une famille entière ruiné. Tout était bien parti pour redonner du sourire aux siens et au peuple, via son travail. Mais hélas, le destin en a décidé autrement.

Le remords. On l’éprouve immédiatement en refermant la dernière page. Les yeux larmoyants laissent échapper quelques larmes. Comme Ebbo, on se sent coupable, comme si on avait une quelconque liaison avec elle. L’image de Barbara allongée sur un lit terrassée par la maladie dont-on ne connaîtra ni le nom ni les origines, nous hante. Aucun diagnostic n’arrive à être établi. Les siens sont impuissants face à cette situation. L’espoir d’une famille entière décède finalement un mardi, comme sa mère et sa tante, à 27 ans seulement. Elle laisse un enfant et un amant, Ebbo, qui l’a évité en ce difficile instant où elle avait tant besoin de lui. Elle s’est donc rendue à l’évidence qu’« entretenir une relation avec un homme marié était l’une des choses les plus éphémères qui soient, que l’on soit ami ou non. A la première difficulté, on se retrouve seule ». Belle leçon, à la mise en pratique difficile. « C’est dans la souffrance qu’on reconnait les vrais amis », dit l’adage. Barbara avait-elle vraiment ? Ont-ils été là quand il fallait ?

Fille à l’humeur contagieuse, elle vient pourtant d’achever, avec mention, son cursus d’ingénieur à la faculté d’agronomie et des sciences agricoles de l’Université de Dschang. Recrutée à la fonction publique, rêve de plusieurs jeunes au Cameroun, elle n’en profitera pas comme rêvé : s’offrir de belles voitures, faire le tour du monde et venir en aide aux siens. Pourtant, sa devise était bien claire après le décès de sa mère : « vivre et être heureuse ; vivre pour les siens ». Pleine de vie et de charme, Barbara avait tous les hommes à ses pieds (à l’université, pendant les stages à Sudcam Hévéa et l’Irad Yaoundé, dans les plantations de cacao où elle effectuait ses recherches académiques). Elle était ouverte et partageait énormément. C’était sans compter sur la jalousie de sa « meilleure » amie, Julie. Sa confiance aveugle lui a valu des coups, des trahissons, pire, un « viol ». Malgré tout, elle a tenu et réussi où certains auraient tout abandonnés.

Au-delà de cette biographie de la désormais feu Elomo Amya Barbara Emeline, « Pourtant elle y est parvenue !» de Merveiline Tapi présente aussi quelques clichés du malaise Cameroun à travers des faits réels : le manque de route pour desservir certaines parties du pays, le tourisme interne qui est mal en point, les grossesses précoces de jeunes filles, l’orientation académique, les belles histoires d’amour qui se terminent mal, le tribalisme ambiant qui ne favorise pas des mariages inter tribales, et la difficile vie après la retraite. L’histoire est donc riche de plus d’un intérêt.

Ecrit avec le cœur, d’où ses sentiments que l’on éprouve instantanément, ce deuxième roman sous forme de biographie de Merveiline Tapi fait la lumière sur les questionnements et le rêve brisé de la jeune et brillante fille qu’était Barbara. Elle qui, avec son sourire radieux, était toujours prête à s’en aller à la moindre occasion. Que de souvenirs d’elle rapportés à travers l’histoire, avec générosité, tendresse et remords, par Ebbo, son amant et ami d’enfance. Avec une plume aussi fine, comme dans le précédent roman « Eva : Tranche de vie » sorti en 2014, Merveiline a su associer les ingrédients essentiels, en 130 pages, pour permettre une lecture facile et rapide. Et l’hommage peut enfin être rendu, comme il se doit, à cette jeune fille que « Dieu a donné et a repris » aussi tôt que prévu. Repose en paix…Barbara !

Frank William Batchou

Merveiline Tapi, « Pourtant, elle y est parvenue ! », L’Harmattan, Yaoundé, février 2017, 130 pages, 10.000 FCfa.

frankwilliam

Frank William Batchou est un journaliste de formation. Après avoir exercé dans plusieurs médias camerounais (Le Messager, Emergence, Show Mag, Crtv Littoral, Site-Dar Fm…), il s’est très vite reconverti, au vu de l’évolution, dans le blogging et du digital depuis 2008. Il a géré la communication du projet #Wikivillages de Wikipédia, la communication digitale du programme TV « Yellow Times » de MTN Cameroon, le label de production et management LMC Prod, le social media du magazine culturel Show Mag. En 2016, il rejoint en qualité de Social Media Manager, HAVAS AFRICA CAMEROUN, la filiale du groupe HAVAS Media, l’une des quatre plus grandes agences de communication dans le monde. Et depuis 2019, il gère le département digital de l’agence en qualité de Digital Manager. Frank William est également auteur du recueil de nouvelles « MAPANES : L’âme d’un aventurier » (commandez la version numérique ou physique à 2500 FCFA) et co-founder de F Square Corporation, une structure exerce dans le secteur du management, édition et production artistique, promotion sportive…

Une réflexion sur “Cruel destin…Barbara !

  • avril 14, 2017 à 6:40
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