Faisons notre « Djangui » sur mobile désormais

Les tontines, je les connais. J’en ai écumé plusieurs en qualité de principal commissionnaire au nom de ma défunte ma grand-mère. Même après son décès, j’y ai poursuivi la mission. Cette fois, en mon nom propre. Une expérience qui m’a fait remarquer plusieurs choses : vol ou agression (parfois) du bénéficiaire du jour, l’absence des membres qui ne prennent même pas la peine d’expédier à l’avance leur argent de cotisation, la difficulté pour certains secrétaires, trésoriers et comptables véreux de produire des rapports financiers clairs… Malgré toutes ces turpitudes, ces regroupements ont subsisté. La raison de cette longévité, comme me disait ma grand-mère, c’est la rapide rémunération des placements, la facilité d’accès aux crédits contrairement aux banques et micro-finances et l’envie de toujours se retrouver pour partager un instant de joie en frères et sœurs du village.

Beaucoup d’argent circulent dans nos « Djangui » (appellation locale de tontines). Ces regroupements amicaux ou familiaux sont de véritables institutions financières. Selon le document de stratégie de la micro-finance au Cameroun, rendu public en 2013 par le ministère des Finances, « les tontines brassent au Cameroun, une enveloppe globale d’environ 190 milliards de Fcfa ». C’est donc un pan non-négligeable du secteur économique. Aujourd’hui, avec les mutations constantes des personnes, il est difficile pour certains de faire partie d’une tontine. Un palliatif vient d’être trouvé à ce problème. Il s’appelle « Djangui », une application mobile développée par le jeune informaticien camerounais Jules Guilain Kenfack pour le compte de sa start-up : AppFabrik. Elle donne « l’avantage d’effectuer des tontines et des réunions en ligne. La révolution majeure ici étant qu’elle permet véritablement de briser les frontières », ajoute son concepteur.

Conçue l’année dernière, l’application « Djangui » est disponible sur playstore depuis mai 2016 avec plus de 4600 utilisateurs présents au Cameroun (900 utilisateurs), Togo, Côte-d’Ivoire, France, Allemagne et Canada. Quant à la « version IOS, elle sera disponible dès le début d’année 2017 », rassure le founder avant d’ajouter, concernant le nom de cette application très proche de celle de I-Djangui connu au Cameroun pour avoir remporté un concours de start-ups l’an dernier, que « le nom Djangui est patenté à l’international et jusqu’ici. J’ai entendu parler de I-Djangui, mais c’est juste une coïncidence. Pour l’instant, je suis le seul sur le store. »

Fonctionnalités de « Djangui »

Disponible en téléchargement gratuit, « Djangui » offre de nombreuses fonctionnalités qui renforcent son originalité. On a entre autre : le tirage au sort automatique des jours de réception qui se fait en fonction du quota de membres et de façon automatique et les participants sont notifiés à l’avance ; la gestion des caisses de la tontine qui permet, en toute transparence, à tous les membres de consulter l’état de leurs actions en fonction des différentes caisses de cotisation (caisse malheur, bonheur, scolaire…) et des statistiques claires sont fournies sous forme graphique ; un service de messagerie instantanée qui permet aux membres de rester en contact et peuvent discuter sur divers sujets pour renforcer le lien social ;  un service d’annonce qui permet à chaque membre de relayer des informations ou communiqués liés à la réunion (naissance, deuil, mariage…) ; un service de vote en ligne qui permet d’élire en toute transparence le bureau de la tontine qui a le droit d’administration et valider les emprunts ; et un service de rédaction et la production des rapports de séancesqui permet de produire et diffuser en format Pdf, tous les détails relatifs à ladite rencontre (somme cotisée, liste de présence, etc.). Les cotisations se font sur la plateforme via Orange money, Mobile money et Express Union mobile. Désormais, le « Djangui » est digital, facile et transparent.

Frank William Batchou

frankwilliam

Frank William Batchou est un journaliste de formation. Après avoir exercé dans plusieurs médias camerounais (Le Messager, Emergence, Show Mag, Crtv Littoral, Site-Dar Fm…), il s’est très vite reconverti, au vu de l’évolution, dans le blogging et du digital depuis 2008. Il a géré la communication du projet #Wikivillages de Wikipédia, la communication digitale du programme TV « Yellow Times » de MTN Cameroon, le label de production et management LMC Prod, le social media du magazine culturel Show Mag. En 2016, il rejoint en qualité de Social Media Manager, HAVAS AFRICA CAMEROUN, la filiale du groupe HAVAS Media, l’une des quatre plus grandes agences de communication dans le monde. Et depuis 2019, il gère le département digital de l’agence en qualité de Digital Manager. Frank William est également auteur du recueil de nouvelles « MAPANES : L’âme d’un aventurier » (commandez la version numérique ou physique à 2500 FCFA) et co-founder de F Square Corporation, une structure exerce dans le secteur du management, édition et production artistique, promotion sportive…

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